Paiement fractionné et facturation : tout ce qu’il faut savoir sur cette tendance

Paiement fractionné et facturation

La nouvelle tendance incontournable de l’E-commerce. 

SOFACTO vous propose aujourd’hui d’étudier la tendance du paiement fractionné. S’il bouscule progressivement les habitudes de consommation, il engendre néanmoins quelques interrogations vis-à-vis de la facturation.

En quoi consiste le paiement fractionné ?

Le paiement fractionné invite à régler en plusieurs fois une transaction effectuée par carte bancaire. Les paiements fractionnés s’échelonnent généralement en 3 ou 4 fois, s’étalant idéalement jusqu’à 3 mois.

Par exemple, pour un paiement en ligne de 80 €, j’ai la possibilité d’opter pour un paiement fractionné sur le site de l’e-commerçant. Je choisis cette option et règle 20 € immédiatement et 3 x 20 € durant les mois suivants.

Le principe de fractionner un paiement n’est pas nouveau et rappelle en quelque sorte le crédit à la consommation. Néanmoins, à l’heure de l’Open Banking et des fintechs, le concept a été totalement réimaginé selon 2 approches distinctes :

  • le paiement fractionné est proposé par le vendeur. Le créancier a intégré une solution de paiement en plusieurs fois au sein de son e-commerce. Ici, le consommateur a l’impression de s’acquitter d’un organisme créditeur faisant l’intermédiaire entre le vendeur et l’acheteur, notamment car ce type de paiement se révèle être sans frais supplémentaires. Dans les faits, la solution de paiement fractionné est généralement proposée par un prestataire qui s’est préalablement rapproché du e-commerce afin de l’intégrer dans son interface de paiement.
  • le paiement fractionné est proposé par un service bancaire. Souvent sous la forme d’une carte bancaire, une banque propose le service de fractionner ses achats. Il s’agit d’un micro-crédit auquel des frais sont alors applicables.

 

À noter : en France, le paiement fractionné a connu un véritable coup de boost à partir de 2010, suite à la Loi Lagarde. Afin de contrer le surendettement, cette réglementation a encadré très rigoureusement les crédits à la consommation supérieurs à 90 jours. Pour ces derniers, une obligation de conseil, un dossier-crédit et un contrat sont notamment nécessaires.

Le paiement fractionné ne doit pas être confondu avec le paiement différé qui, lui, octroie la possibilité d’effectuer un achat en ligne et de n’être débité du montant qu’ultérieurement (soit pour être avancé des frais en attendant sa paie par exemple, soit pour être sûr que le produit nous convienne, une fois livré). Néanmoins, le paiement fractionné et différé sont tous deux le résultat du phénomène des facilités de paiement qui vise à rendre le parcours d’achat plus fluide pour les utilisateurs. 

Le paiement fractionné, une tendance qui prend de l’ampleur

La crise du covid a fait exploser les compteurs des paiements en ligne comme en témoigne la progression nette de la part du commerce électronique dans le commerce de détail mondial, passée de 14% en 2019 à environ 17% en 2020[1]. Au passage, certaines pratiques de consommation ont alors été remises en question. Selon le baromètre 2021 établi par Floa et Opinionway « Les Français et l’évolution des moyens de paiement », à l’arrivée, près d’un Français sur deux a eu recours à un nouveau moyen de paiement à partir de la crise sanitaire[2].

Au sein de ce phénomène, on retrouve des méthodes comme le paiement différé (très utilisé dans les secteurs de la mode ou le paramédical) et bien sûr le paiement fractionné. Pour les acteurs du e-commerce, le paiement fractionné représente rien de moins qu’une opportunité de conversion et de fidélisation. On peut se tourner vers Amazon pour prendre la température de cette tendance émergente. Le géant de l’e-commerce a annoncé en août 2021 qu’une solution de paiement fractionné y serait bientôt déployée [5]. Pour cela, Amazon a enclenché un partenariat avec Affirm, la fintech californienne ayant déjà débroussaillé ces modes de paiement novateurs pour Walmart, Shopify ou Adidas. Chez l’enseigne n°1 mondial du commerce en ligne, l’urgence de proposer le paiement fractionné est telle qu’elle ne prend donc pas le temps de développer en interne sa propre solution. Les clients d’Amazon pourront ainsi y avoir recours pour des achats à partir de 50$, mais des enseignes vendant plus spécifiquement des produits aux tarifs élevés ont d’ores et déjà adopté le paiement fractionné. On peut citer Apple, qui a d’ailleurs aussi fait appel à Affirm au Canada. Comme on peut le voir sur leur page décrivant le paiement en plusieurs fois, c’est un levier pour conquérir et fidéliser les acheteurs qui ne constitue pas en soi une source de revenus supplémentaires pour les e-commerçants. Aucun frais n’est appliqué sur ce crédit à la consommation, le rendant extrêmement attractif auprès des internautes.

À noter : dans le cadre de transactions avec un e-commerce ne proposant pas le paiement fractionné, il peut alors être endossé par un organisme bancaire sous la forme de micro-crédit à la consommation. Le plus souvent c’est la carte bancaire qui propose cette option et des frais s’appliquent alors. Ils sont généralement fixés à un faible pourcentage du montant global, plafonné à une certaine somme (par exemple pour un remboursement en 3 fois : 1,45% de commission, plafonnée à 15 €)

En France, le paiement fractionné a également trouvé son chemin dans les habitudes de consommation en ligne à l’occasion de la crise sanitaire. Plusieurs acteurs européens ont déjà consolidé leur position sur ce terrain : Oney, Floa, GoCardless, Klarna, Pledg, Alma, Casino Banque, Cofidis… Le paiement fractionné rentre de plus en plus dans les moeurs puisque selon l’étude Floa/OpinionWay citée ci-dessus[4], 1 Français sur 3 a payé en plusieurs fois entre juin 2020 et mai 2021. Une étude Oney menée par Harris Interactive complète même ce bilan en affirmant que 32% des Français ayant eu recours au paiement fractionné en 2020 comptent l’utiliser encore davantage en 2021[5].

Comment adopter le paiement fractionné : mise en place et facturation

Du côté des e-commerces, la montée en puissance du paiement fractionné apporte son lot d’interrogations. Si les géants du web ont déjà commencé à s’approprier cette solution de paiement, elle est encore loin d’être démocratisée. 

Devant l’urgence de se mettre à la page du paiement fractionné, chaque entreprise n’a pas les moyens financiers ni le temps de développer sa propre solution. Dans ce cas, il est vivement conseillé de se rapprocher d’une fintech spécialisée dans les facilités de paiement. Un des meilleurs arguments des fintechs auprès des e-commerçants est de pouvoir intégrer très rapidement le paiement en plusieurs fois au sein de leur interface de règlement. Le processus est même de plus en plus automatisé et si l’on utilise un CRM bien connu du commerce digital tel que Salesforce, une heure d’installation peut éventuellement suffire.

Mais une fois le paiement fractionné déployé sur un e-commerce, comment facturer les clients qui s’orientent vers ce mode de règlement ? Quelques points importants doivent absolument être pris en compte lors de l’établissement d’une telle facturation :

  • c’est le montant TTC qui doit être fractionné. Il vaut mieux éviter le piège d’une dernière échéance plus élevée que les autres, en raison de l’ajout final des taxes comme la TVA. Cela pourrait engendrer un certain désarroi chez le consommateur, si ce n’est son mécontentement.
  • le paiement fractionné peut avoir un impact sur votre trésorerie. Certes, le cas devrait s’avérer plutôt rare car il est actuellement d’usage de faire appel aux fintechs pour gérer la solution. Une de leurs principales promesses est d’envoyer immédiatement la somme totale de la transaction au e-commerçant, faisant ainsi crédit auprès de l’acheteur. Dans le cas d’un paiement fractionné direct entre vendeur et acheteur, on constate logiquement un effet sur la trésorerie puisque le montant sera encaissé en plusieurs fois.

Pour facturer correctement un paiement divisé en plusieurs échéances au sein de Sofacto, il est recommandé de recourir à l’échéancier de facturation. Déjà présenté comme un remède salutaire aux trésoreries difficiles sur notre blog, il permet d’automatiser le fractionnement des paiements en toute simplicité et de gagner un temps précieux. 

À noter : la facture détaillée pourrait également s’apparenter à une solution possible pour facturer un paiement fractionné. Au sein de Sofacto, celle-ci nécessite un traitement manuel plus conséquent, et sera donc plus judicieuse dans les cas particuliers.

Faut-il vraiment adopter le paiement fractionné ?

Côté clients, le paiement fractionné se révèle être une véritable aubaine aidant à moduler ses dépenses, se révélant vraiment attrayant si les frais supplémentaires sont pris en charge par le commerçant. Si ce dernier propose certes de payer en plusieurs fois sans frais, tout manquement au paiement peut néanmoins être fortement pénalisé par la fintech à l’origine de la solution de paiement. En tant que consommateur, il est conseillé de rester vigilant sur sa propre solvabilité. Il n’empêche que le paiement en plusieurs fois s’impose peu à peu comme un argument de poids pour mieux gérer son budget tout en se faisant plaisir. En France, les clients adeptes du paiement fractionné seraient 76% à envisager de changer d’enseigne pour pouvoir en bénéficier[6].

Si l’attrait des consommateurs répond d’emblée à la question de l’adoption du paiement fractionné, les entreprises doivent le considérer sous plusieurs angles décisifs. Sa facturation peut représenter un poids énorme qui pourrait faire perdre un temps fou. Il paraît ici absolument incontournable de recourir à l’automatisation du processus. Facturer sans l’aide des outils technologiques actuellement à notre portée est déjà un réel enjeu pour les dirigeants. Mais la gestion administrative des facilités de paiement constitue un nouvel argument de poids en faveur de la facturation électronique.

L’autre considération majeure se situe dans les commissions touchées par les fintechs sur le paiement fractionné. Le choix de répercuter les frais auprès du consommateur, en l’invitant à payer (un peu) plus pour fractionner son paiement, est envisageable. Néanmoins, endosser les frais supplémentaires de cette facilité de paiement contribue indéniablement à rendre une offre attractive. Certains commerçants saluent une hausse de la conversion et du panier moyen grâce à cette opportunité. Le jeu pourrait donc en valoir la chandelle et il faut suivre certains KPIs de près suite à sa mise en place pour en apprécier les bénéfices.

Une autre question légitime concernerait la solvabilité des clients : et si l’internaute ayant recours au paiement fractionné n’était finalement pas en mesure de régler sa troisième ou quatrième échéance ? À ce niveau-là, les fintechs marquent un point en rassurant leurs partenaires et en endossant cette responsabilité tel un vrai organisme de crédit. Bien que la question du « scoring » soit encore épineuse pour les fintechs à l’heure actuelle, elles parviennent à cerner au mieux possible la solvabilité des utilisateurs à l’aide de l’Open Banking et d’algorithmes. Une chose est sûre, il n’y a aucun risque d’impayé pour le commerçant !

Enfin, l’enthousiasme vis-à-vis du paiement fractionné peut être teinté de quelques incertitudes. En effet, depuis la crise économique de 2008, le surendettement est dans le viseur des réglementations françaises et européennes. Les facilités de paiement engendrent des levées de fond chez les fintechs qui font naturellement hausser le sourcil des autorités concernées. À ce stade, il est encore difficile de prévoir quelles seront les conclusions et réactions finales de Bruxelles ou Bercy. En revanche, nous sommes déjà certains que la plus grande transparence vis-à-vis des conditions d’engagement sera fortement requise par une première directive de la Commission européenne[7]. Par la suite, le nerf de la guerre pourrait bien se situer entre les fintechs et les banques, encore trop frileuses de dévoiler toutes les données de leurs clients dans le cadre de l’Open Banking. Ce serait pourtant le meilleur moyen de mesurer leur solvabilité lors d’un règlement en ligne.

[1] source : COVID-19 and e-commerce: a global review (étude de l’UNCTAD – mars 2021)

[2] source : Les Français et l’évolution des moyens de paiement (baromètre Floa/Opinionway – juin 2021)

[3] source : Amazon strikes a deal with Affirm, the buy-now pay-later provider (article du New-York Times – août 2021)

[4] source : Les Français et l’évolution des moyens de paiement (baromètre Floa/Opinionway – juin 2021)

[5] source : Perspectives de dépenses pour 2021 (étude Oney/Harris Interactive – avril 2021)

[6] source : Les Français et l’évolution des moyens de paiement (baromètre Floa/Opinionway – juin 2021)

[7] source : Bruxelles veut durcir la réglementation du paiement fractionné (article Les Échos – juillet 2021)

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